
J'ai retrouvé aujourd'hui, au fond d'un vieux carton, la carte postale que tu m'avais envoyée de la côte. L'encre a un peu pâli, mais ton écriture, si ronde et pressée, est restée la même. Je me souviens de l'odeur de l'emballage, un mélange de sel et de papier humide. Tu écrivais : "Ici, le vent a le goût de l'aventure. J'aurais aimé que tu sois là." Je n'y étais pas. Je ne sais plus, aujourd'hui, si c'est à cause des circonstances ou de ma propre lâcheté. Certains souvenirs sont comme des coquillages collés à la peau ; on ne peut plus s'en débarrasser sans s'arracher un peu de soi-même.
